Maître Aude de LA CELLE, avocate au sein du cabinet KAPIA-AVOCATS à Angers, est intervenue en qualité d’avocate de partie civile devant le Tribunal correctionnel d’Angers lors de l’audience du 3 avril 2026, dans une affaire d’escroquerie d’ampleur liée à la revente frauduleuse de billets pour le festival Hellfest.
Cette affaire illustre les mécanismes fréquents d’escroquerie à la vente de billets ainsi que les conséquences concrètes pour les victimes sur le plan financier et moral.
Pendant près d’un an, le prévenu a proposé à la vente des pass pour le Hellfest, festival particulièrement prisé dont les billets sont écoulés en quelques minutes.
Le procédé reposait sur un discours rodé : il prétendait disposer de places en quantité limitée, notamment grâce à un contact privilégié auprès d’un partenaire du festival, incitant ainsi les acheteurs à agir rapidement.
Mais surtout, l’escroquerie reposait sur un élément déterminant : la confiance.
Les premières ventes ont été réalisées auprès de proches, avant que l’information ne se diffuse progressivement par le bouche-à-oreille. Les victimes étaient souvent mises en relation par des connaissances communes, voire par des “amis d’amis”.
Comme cela a été rappelé à l’audience par Maître Aude de LA CELLE, cette confiance était renforcée par le fait que le prévenu affirmait avoir déjà vendu des billets les années précédentes sans difficulté.
Ce type d’escroquerie est particulièrement insidieux : il ne repose pas uniquement sur un mensonge, mais sur l’exploitation directe des liens sociaux et de la crédibilité attachée à une recommandation.
Au total, 84 victimes ont été identifiées dans cette affaire d’escroquerie à la vente de billets de festival, pour un préjudice global de 54 315 €.
Les sommes versées variaient de 119 € à plus de 3 000 €, certaines victimes ayant acquis plusieurs pass.
Dans la majorité des cas, les paiements ont été effectués par virement bancaire, sans qu’aucun billet ne soit jamais délivré.
Ce n’est qu’à l’approche du festival que les victimes ont découvert l’escroquerie.
Par jugement du 3 avril 2026, le Tribunal correctionnel d’Angers a déclaré le prévenu coupable de l’ensemble des faits d’escroquerie.
Il a été condamné à :
une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis simple,
une peine complémentaire de cinq ans de privation des droits d’éligibilité.
Sur le plan civil, le tribunal a retenu sa responsabilité intégrale et a condamné le prévenu à indemniser les victimes de leur préjudice matériel et moral.
Cette décision s’inscrit dans une logique de réparation complète du préjudice subi par les victimes d’escroquerie.
La condamnation pénale ne garantit pas toujours un paiement immédiat.
Dans cette affaire, le tribunal a ordonné la confiscation de plusieurs biens (véhicule, console de jeu, matériel), destinés à contribuer à l’indemnisation des victimes.
Ces biens sont gérés par l’AGRASC (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués).
Concrètement, lorsque des biens sont définitivement confisqués, les victimes peuvent solliciter leur indemnisation à partir du produit de leur vente. Cette démarche doit être effectuée dans un délai de six mois à compter du jugement définitif accordant l’indemnisation.
Les victimes peuvent effectuer cette demande seules ou être accompagnées par leur avocat.
En pratique, les victimes d’escroquerie peuvent également saisir le SARVI (Service d’aide au recouvrement des victimes d’infractions), qui permet une avance des fonds, plafonnée.
Le cabinet KAPIA-AVOCATS accompagne ses clients dans ces démarches afin de sécuriser l’indemnisation effective.
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